Passeport numérique produit : pourquoi votre PLM doit s’y préparer dès maintenant
Le passeport numérique produit (Digital Product Passport, DPP) est l’une des mesures phares du règlement européen sur l’écoconception des produits durables (ESPR, règlement (UE) 2024/1781). Son principe : rendre accessibles, via un identifiant (QR code, puce…), des informations fiables sur la composition, l’origine, la réparabilité et le recyclage d’un produit.
Un calendrier progressif, qui commence par les batteries
Le premier passeport obligatoire concerne les batteries, à partir du 18 février 2027 pour les batteries industrielles et de véhicules électriques visées par le règlement batteries. Pour les autres familles de produits, l’obligation s’appliquera famille par famille, à mesure que la Commission européenne adoptera les actes délégués correspondants, avec une période de transition. Les priorités annoncées incluent notamment le fer et l’acier, l’aluminium, les textiles ou les pneumatiques. Le calendrier exact doit être suivi sur les textes officiels.
Ce que le passeport demande vraiment : des données
Derrière le QR code, le passeport est avant tout un sujet de données produit : identification et classification de l’article, matériaux et substances, contenu recyclé, empreinte environnementale, instructions de réparation et de fin de vie. Une grande partie de ces informations existe déjà, mais dispersée entre le bureau d’études, les achats, la qualité et les fournisseurs.
- la nomenclature et les matériaux sont dans le PLM ;
- les données fournisseurs (origine, substances, contenu recyclé) arrivent par les achats et la qualité ;
- les données de fabrication (lot, site, date) sont dans l’ERP et le MES ;
- les données de service (pièces de rechange, réparabilité) relèvent de l’après-vente.
Le rôle central du PLM
Le PLM est le mieux placé pour devenir la colonne vertébrale du passeport : il porte la définition du produit, ses révisions et sa nomenclature. Il peut structurer les attributs environnementaux au niveau de l’article, consolider la conformité matières sur toute la nomenclature et garantir qu’une modification de conception met bien à jour les informations publiées.
Par où commencer ?
- Identifier les produits concernés et leur calendrier réglementaire.
- Cartographier les données attendues et leur source actuelle (PLM, ERP, fournisseurs, fichiers).
- Organiser la collecte fournisseurs dès maintenant : c’est souvent le chemin le plus long.
- Enrichir le modèle de données PLM (attributs matières, substances, recyclabilité) et la gestion des modifications associée.
- Prévoir la publication : identifiant unique, format d’échange, hébergement et mise à jour du passeport.
Anticiper le passeport numérique produit, c’est aussi l’occasion de fiabiliser la continuité numérique entre conception, fabrication et service. Échangeons sur votre feuille de route.